Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

28/04/2016

Nouvelle église

17/03/1896

Bénédiction de la nouvelle église.

La cérémonie a commencé par la remise des clés faite par M. Gelly, maire d'Autignac, à M. Sanègre, archiprêtre de Béziers, délégué par Mgr l’Evêque.

Après les prières liturgiques, une procession aussi nombreuse que recueillie s'est dirigée vers la chapelle provisoire. Les rues étaient décorées comme au beau jour de la Fête-Dieu ; l'enthousiasme indescriptible.

Enfin, Notre Seigneur est entré triomphant dans un sanctuaire plus digne de lui. Notre église était en effet l'épouse parée pour recevoir l’époux.

A l'extérieur, arcs de triomphe splendides ; à l'intérieur, oriflammes aux couleurs variées et s’harmonisant parfaitement, autels étincelants de lumières, ornés avec un goût exquis. A la suite du nombreux  clergé, la foule s'est précipitée impatiente, immense. D’ores et déjà nous sommes rassurés sur la solidité de la tribune. Elle était insuffisante cependant, et sur les marches de son escalier en escargot pendait comme une grappe humaine du plus pittoresque effet.

Le silence établi, grande a été notre surprise en entendant les jeunes filles préluder par un émouvant cantique au Sacré-Cœur de Jésus.

Comment notre nouveau curé a-t-il pu sitôt et au milieu de tant de préoccupations obtenir ce résultat ? Notre étonnement a été à son comble quand, à l'offertoire et à la fin de la cérémonie, d'autres chants aussi parfaitement exécutés nous ont encore ravis.

Toutes nos félicitations à ces demoiselles et en particulier aux excellentes solistes. C'était le jour des surprises en vérité. Qui de nous s'attendait à ce que nos chantres exécuteraient si bien la messe de Bordeaux ? Donc, ils n'ont pas tout oublié. Formés par M. Béral, qui s’y entend si bien, sous peu, ils feront des merveilles. Mais voici le vrai régal intellectuel. Après l'Évangile, Monsieur l'archiprêtre a pris la parole. D'abord, il a donné lecture de la lettre de Mgr l’Evêque le déléguant pour cette cérémonie, lettre si élogieuse pour notre nouveau pasteur est marquée comme toute celle qu’écrit notre éminent prélat au coin de l'élégance et de la délicatesse ; puis, M. Sanègre a félicité avec tout le tact réclamé par les circonstances M. le maire, MM. les membres du conseil municipal et du conseil de Fabrique. Enfin il nous a montré le rôle du temple chrétien. Nous n'osons pas dire que nous avons été encore surpris. Sa réputation d'orateur l'avait précédé. Mais pouvait-on s'attendre à tant de correction dans la forme, à tant d'élévation dans les aperçus, à tant d’émotion communicative dans le débit ? Deux passages de cette émouvante allocution nous ont particulièrement frappés. Quand, montrant le rôle civilisateur de l'Eglise catholique, l'orateur a rappelé les ruines morales amoncelées par l'impiété, il y a 100 ans, en même temps que les ruines matérielles de nos temples, un frisson de patriotisme vrai circulait dans cette multitude haletante. Quand enfin, après avoir dit que l'empereur Othon III visitant un saint religieux et lui offrant la moitié de son royaume, ce religieux lui répondit : « Sire, je ne veux que le salut de votre âme », il nous a conjurés de donner notre âme à Dieu, par l'entremise de notre cher pasteur, tous les cœurs ont été attendris.

Tous, nous nous sommes dits : « Oui, Dieu aura notre âme et par les mains de son prêtre. Ils se montrent tous les deux si bons pour nous en ce jour. »

  1. le curé, en quelques paroles d'un à-propos charmant, a répondu à M. l'archiprêtre. « Vous n'avez oublié que vous-même, lui a-t-il dit en substance. Au nom de mes paroissiens et en mon nom, je vous remercie et d'avoir rehaussé l'éclat de notre fête par votre présence et de nous avoir charmés par votre discours vraiment exquis. Ayez la bonté de faire parvenir à Monseigneur l'expression de notre filiale reconnaissance. »

Fort remarqué, enfin, à l'Elévation, le chant du Crucifix de Faure, par MM. S. et G.

En résumé, fête excellente, qui laissera dans Autignac un impérissable souvenir.

Un catholique.

10:57 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.