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01/05/2010

Histoire de l'eau

Histoire d'eau

Ou pour mieux dire histoire du manque chronique d'eau

 

A nouveau, nous revenons aux romains.

L'alimentation en eau des villas romaines est un souci permanent. Source, cours d'eau, eau collectée en citerne par les toitures.

Qu'en est-il à Autignac ou plutôt à Belloc ?

Je n'ai pas d'éléments pour répondre. Peut-être une source ? Celle de Fontcerise appelée autrefois Fonserieire ? Ou celle de St Jean qui serait dans le Careyrou.

 

Au cours des siècles, on a creusé des puits.

Ainsi, le compoix de 1760 situe plusieurs puits (par moitié, au tiers, au quart) tant dans les jardins que dans les maisons.

Outre le compoix, les registres des délibérations nous informent à partir de 1754.

Ce 14 janvier 1754, le conseil de communauté s'inquiète : " … sécheresse, plus d’eau aux moulins à huile, plus d’eau pour le public et le bétail. Les fabricants d’eau de vie doivent suspendre leur activité.

Si les sources venaient à se tarir, les particuliers devront autoriser l’accès à leurs puits."

Plus tard, le 4 septembre 1774, rappel nécessaire : "Une seule fontaine et un puits commun pour la boisson des gens et des bestiaux. Hors, les bouchers nettoient les carcasses à la fontaine ou au puits commun ce qui entraîne le danger de maladies.

Il est interdit de nettoyer le linge sale, les herbages, les limaçons, les ventres et les boyaux, ni ordures ni chose mal nettes autour de la fontaine dans un rayon de 200 pas."

 

En aout 1786, le village est en deuil. La tragédie est inouïe. Le sieur Marty 1er consul faisait recreuser un puits dans un champ au Portalet qui confronte les murs du lieu. 3 hommes y périssent. La "Gazette de France" s'en fait l'écho à grands renforts de suppositions et de sensations (trouvé par Patrice LEFUR). Qu'en est-il ? Un homme descendu se sent mal, on le remonte, il chute mort dans le puits. Un second descend pour porter secours, il meurt. De même le troisième. On descend un coq, il est mort et sa crête semble brulée. Un chat essayé le lendemain trépassa aussi. Le puits est rebouché définitivement.

 

On lit au décés : L'an 1786 et le 31eme jour du mois d'aout a été enterré :

-          Jean LAURES fils de Louis LAURES décédé hier de mort violente.

-          Antoine LAURES fils de Louis LAURES décédé hier de mort subite à 21 ans.

-          Estienne RODIER de St Genies brassier dix huit ans décédé hier de mort subite.

-           

Cinquante ans plus tard, le 16 septembre 1838, le conseil municipal débat des dépenses faites pour la construction du puits communal auquel sera adjoint une auge. Mais il y a un éboulement. Où trouver l'argent ?

Le 28 mars 1848, André AFFRE, chaudronnier domicilié à Béziers fournit une pompe neuve pesant 67 kg 500.

L’an 1859 et le sept août, le conseil municipal sous la présidence de Mr Lavit Louis maire…

-          Vu le manque d’eau causé par la sécheresse qui règne depuis longtemps dans le pays ;

-          Attendu que les puits qui fonctionnent pour le moment ont été mis à sec ;

-          Est d’avis d’employer la susdite somme à faire recreuser un des puits de la commune

-          à mettre une chaîne et deux seaux à un autre puits excessivement profond et qui, à cause de sa profondeur est laissé de côté

Ces précautions prises, le Conseil est sûr que l’eau ne manquera jamais plus et prie Mr le Préfet de prendre en considération la pénible position des habitants d’Autignac.

 

L'angoisse revient avec les événements de 1870 : "…Il importe de procurer de l’eau à la commune soit en creusant un puits, soit en faisant des galeries dans ceux qui existent."

La pompe a des ratés : "…Mauvais état de la pompe au puits communal appelé La Fontaine.

La pompe sera entretenue par les frères Valette serruriers à Autignac. Lucien VALETTE jeune est chargé du montage et de l’entretien de l’horloge communale

Paulin VALETTE, l’aîné réparera la pompe"

Cette pompe est encore d'actualité en 1877"… l’entretien de la pompe du puits dit de la Fontaine par Paulin VALETTE"

 

Enfin, le conseil municipal décide de prendre le taureau par les cornes au cours des années 1884-1890.

-          1884 Monsieur le maire expose au conseil la situation où se trouve la question des puits et fontaines. Conformément à la volonté du conseil municipal et au désir de la population, un puits de trois mètres de diamètre a été creusé dans la propriété de Mr BOUFFARD Lubin au quartier des Aires et poussé jusqu’à 12 mètres. L’administration s’était guidée comme le conseil le sait, sur les indications de certains ingénieurs géologues réputés pour leur connaissance des terrains traversés par les couches d’eau.

Il s’est trouvé que jusqu’à présent les prévisions de ces Messieurs n’étaient pas fondées. Trois cent francs ont été employés au forage de ce puits … nous avons pu faire creuser un puits de 3 mètres de diamètre à travers des couches de pierre ou d’argile très compacte.

Je vois Messieurs que votre avis est de faire pousser plus loin les travaux de forage …                                      

Le creusement continue.

 

18/07/1891 Projet d’élévation et de distribution d’eau et pose de 3 bornes fontaines. Je pense qu'il s'agit d'un projet en plusieurs tranches :

-          Le puits est creusé

-          Le moteur à vent avec tous ses accessoires est installé en octobre 1891, sur une tour

-          Les 2 réservoirs sont construits en même temps

-          Trois fontaines sont installées et une pompe à incendie est achetée.

 

Nos ennuis sont-ils terminés ? Hélas non.

 

Voici un extrait de rapport d'architecte : "  …. Actuellement la population est alimentée d'une manière insuffisante et très mal assurée par un puits communal de grand diamètre, dit du Moulin à Vent, situé sur le plateau de MILLASSE, au dessus du village.

Il est creusé à 18m de profondeur dans une molasse dure et calcaire. Pour augmenter le débit, on a creusé près du fond une galerie de 10 mètres, se dirigeant vers le nord est. Néanmoins, l'épaisseur de la tranche d'eau ne dépasse guère 3 mètres et cette quantité diminue dans de fortes proportions en été…   rationner l'eau   et de n'ouvrir les fontaines qu'une demi heure le matin et une demi heure le soir."

 

1892 Le puits communal risque t-il d’être pollué par les eaux de ruissellement ou par les fumiers ?

Mai 1896 Par suite des réparations aux puits alentour, le puits communal a moins d’eau.

Mai 1897 Etudes engagées pour augmenter le volume d’eau  du puits communal.

 

Devis pour réparation à faire au moulin à vent en 1911. Fournisseur Mr FROMASSOL  de Toulouse successeur de Mr BONNET qui avait fourni le moulin. L'hélice aura 4m25 de diamètre.

 

Suite à une pénurie d'eau, un projet de forage près du Libron est étudié en 1912.

 

Avril 1915 La population manque d'eau depuis que le moulin à vent qui l'alimentait pour la plus grande partie a été démoli par le vent

 

En 1920, le moulin à vent va être équipé d'un moteur électrique pour donner de l'eau en plus de Libron quand sécheresse.

 

Avec Jean-Luc, nous avons montré à Mr ROGIER, un moulin derrière Grézan et celui du "pont calladé". Mr ROGIER nous dit qu'il s'agit très probablement d'un pompage avec machine à vapeur pour inonder les vignes au temps du phyloxéra. Dans la salle, des participants prennent la parole pour préciser qu'on appelle ce pont "le pont de la resse". Il faut donc comprendre qu'il y avait une scierie, le moulin pompant l'eau vers la grangette sur le mamelon de l'autre côté de la route et que la chute d'eau entrainait une scie.

 

La prochaine communication évoquera le réseau d'eau à partir du Libron, à partir d'Hérépian, à partir de St Gervais.